Emile Zola
L’écrivain français fondateur du naturalisme en littérature, dont l’oeuvre principale, les Rougon-Macquart, est une vaste fresque en vingt volumes. Elle raconte l’histoire naturelle et sociale d’une famille sous le second Empire. Vouant une passion à Honoré de Balzac, Émile Zola s’inspire de la Comédie Humaine de celui-ci pour construire la fresque romanesque qui restera l’oeuvre de sa vie.
Dès les premières lignes, l’auteur a une idée précise de ce qu’il veut faire. Il va confronter dans ses vingt vingt romans deux familles qui apportent chacune leur caractère, leur secret et leur hérédité.

Toutes les couches sociales

Il y a d’abord les Rougon, des commerçants, naviguant dans le monde de la petite bourgeoisie. Puis les Macquart, plus proche de la terre, mais aussi voleurs et alcooliques. Ces branches vont fusionner et donner naissance à divers protagonistes qu’Émile Zola mettra dans toutes les situations possibles dans des univers différents. Afin d’étudier l’influence du milieu occupé par chaque personnage sur la destinée de ce dernier, l’écrivain soulèvera un à un divers pans de la société du Second Empire.
L’église, le commerce, l’armée, la politique, le monde ouvrier et l’organisation du travail seront des prétextes pour analyser ses personnages et observer leur comportement. Quand ceux-ci sont confrontés aux dures réalités du dix-neuvième siècle… Même si le romancier connait du succès, c’est avec L’Assommoir en 1877 qu’il recueillera ses premiers lauriers. Et aussi ses premières haines. On lui reprochera de décrire le monde ouvrier sous un jour trop crû. Néanmoins, ce septième roman lui amena de la gloire. Le naturaliste poursuit inlassablement son oeuvre et s’attire de nouveau les foudres des critiques. Avec le neuvième tome des Rougon-macquart, Nana, qui parait en 1880, Zola est à son zénith. Cette fois le regard de Zola se porte sur les mondains et surtout des vies dissolues, incarnées par une jeune fille, Anna. Son occupation première, la prostitution de luxe, lui permettra de connaitre toute la haute-bourgeoisie du Paris durant le Second Empire.
Émile Zola sortira aussi deux chefs-d’oeuvre de sa saga, Germinal en 1885 et La Bête Humaine en 1890, deux vrais thrillers avant l’heure…
Il clôt sa romanesque avec Le Docteur Pascal en 1893, … dans un calme presque relatif.

La vie de Zola, de sa naissance au mariage

Emile Zola est né le 2 avril 1840. Son père, Francesco Zola, est émigré italien et sa mère, Emilie Aubert est née en France. La famille déménage à Aix en Provence en 1843 lorsque le père Zola obtient un contrat important dans les travaux publics. Francesco Zola meurt en 1847 d’une pneumonie. Le petit Émile se retrouve avec sa mère et sa grand-mère, Henriette Aubert. Le décès du patriarche a laissé la famille dans une situation précaire. Au collège, Émile Zola côtoie Jean-Baptistin Baille et Paul Cézanne, dont il restera un ami proche. Il avoue à ses camarades ses ambitions : devenir un écrivain connu.
À l’âge de 18 ans il quitte Aix-en-Provence pour Paris. Il y vit dans des conditions miséreuses, mais arrive à se constituer un cercle d’amis de qualité. Ses préférences littéraires sont Molière et Montaigne. La littérature étrangère l’inspire aussi, surtout William Shakespeare.
Il échoue par deux fois… au baccalauréat, et c’est aussi la période où Zola fait ses premières rencontres amoureuses. La plus marquante aura pour nom Berthe, une prostituée qu’Émile Zola n’aura de cesse de sortir de sa condition, mais sans jamais y parvenir. Son premier roman, La confession de Claude, sera inspiré de cette histoire. Zola commence aussi à nourrir une autre passion : la peinture. Celle-ci l’amènera à rencontrer des acteurs notables du troisième art : Pissaro, Renoir et Manet. Sans qualification, Zola trouvera du travail chez Hachette,… en tant que commis.
Il rencontre en 1870 Eléonore-Alexandrine Meley, qu’il épousera.

Le Genèse Des Rougon-Macquart

Dès 1863, Émile Zola publie des articles dans plusieurs journaux. Il utilise la presse pour faire paraitre ses romans en feuilletons, et aussi pour marquer ses tendances politiques. En 1865, alors qu’il vit toujours chez sa mère, il quitte le domicile familial pour s’installer avec son épouse dans le quartier des Batignoles.
1868, la presse gagne en liberté et Zola met en pratique ses talents de polémiste en entrant à La Tribune! Il rédigera des textes anti-impériaux… Thérèse Raquin est mal accueilli et l’auteur multiplie ses attaques contre le pouvoir. En 1871 parait La Fortune des Rougon, le premier tome de l’oeuvre qui l’occupera durant 22 ans, les Rougon-Macquart.

Début du succès

En s’opposant à l’ordre établi le romancier se fait censurer, mais devient populaire. Le succès arrive en 1877 avec la publication de L’Assommoir.

Une double vie

Une jeune lingère, Jeanne Rozerot, entre au service d’Émile Zola en 1888. Il nouera avec elle une relation secrète et amoureuse qu’il cachera à son épouse durant trois années. Entre-temps, Jeanne lui aura donné deux enfants, assurant ainsi à Zola une descendance que sa femme n’avait pas pu lui donner. La liaison sera découverte par son épouse, qui décida d’accepter cette double-vie. Elle alla jusqu’à faire reconnaitre les deux enfants à la mort de l’écrivain.

L’exile puis la mort

Suite à son implication dans l’affaire Dreyfus, Émile Zola dû s’exiler provisoirement à Londres en juillet 1898. Il y résidera moins d’une année.
De retour à Paris, il se fit un peu discret, … ses ennemis issus du gouvernement voyaient en lieu un danger à mettre sous silence…
Il décédera en 1902 suite à une intoxication provoquée par un feu couvert dans sa cheminée… L’enquête tablera sur un accident domestique! Sa femme lui survivra.
 
Les présomptions d’un meurtre commis par un fanatique ou un homme de main du pouvoir semblent aujourd’hui fondées.
 
Madame Zola est décédée le 25 avril 1925 à Paris, dans son domicile du 62 rue de Rome, à l’âge de quatre-vingt six ans. Elle est inhumée au cimetière de Montmartre.
 

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